Les dix gestes d’Olive Lebrave pour sauver la planète
création 2026-27

DISTRIBUTION
Mise en scène Maryse Meiche
Création musicale Fabrice Naud
Collaboration artistique Pascal Collin
Création lumières Matthieu Lecompte
Chargée d’administration Clémentine Marin
Avec Maryse Meiche, distribution en cours…
Durée estimée : 1h00
A partir de 6 ans
RÉSUMÉ DE LA PIÈCE
Olive Lebrave est un être simple, à l’existence bien tranquille. Il passe son temps à s’émerveiller de tout ou à se désillusionner pour un rien. Sans passé ni futur, il vit au présent. Un matin, tandis qu’il prend son petit-déjeuner, la radio diffuse une annonce du Ministère de l’Écologie : “Notre Terre est en danger. Chaque année des espèces disparaissent (…). Si chaque citoyen parvenait à réaliser dix gestes pour sauver la planète, il serait alors possible de la sauver”. La radio enchaine avec le tube du moment pendant qu’Olive finit tranquillement son café et sa tartine. Soudain il se lève, coupe la radio et éteint brusquement les lumières, y compris celles du théâtre. Tel est son premier geste.
NOTE D’INTENTION
« C’est au cours d’un cycle de formation de clown avec Vincent Rouche et la Compagnie du Moment qu’Olive Lebrave est né(e) en 2006. Il n’eut tout de suite qu’un seul objectif en tête : sauver le monde. Pourtant cette figure aussi mélancolique qu’intrépide, fruit d’une recherche approfondie, est longtemps restée cachée au fond d’une coulisse. Elle finit par réapparaître en 2011, à la création du spectacle HEPTATHLON, forme exploratoire réunissant l’athlétisme et le théâtre. La représentation débutait par un échauffement au cours duquel, accoutrée d’une quarantaine de vêtements, je courais sur place plus d’une dizaine de minutes en me dépouillant petit à petit de ces couches, jusqu’à devenir la comédienne-athlète qui, seule en scène, allait affronter sept épreuves combinées. Olive Lebrave avait surgi comme une évidence pour porter ce prologue. Puis, de nouveau, on n’a plus entendu parler de lui.
En juillet 2024, dans le cadre de l’Olympiade culturelle, j’ai repris cette performance physique pour le jeune public au Festival Idéklic, à Moirans-en-Montagne (Jura), en y introduisant un préambule dans lequel Olive se dépatouillait maladroitement d’un certain nombre d’objets, tels un écriteau, une torche encore éteinte, une cloche, un tronc d’arbre, en tentant d’installer un petit décor de fortune pour sa course.
En renouant avec ce personnage dix ans après, cette fois dans la rue et devant un public familial, j’ai goûté au plaisir de l’imprévu, de l’accident. J’ai pris conscience que ce clown lunaire ne m’avait jamais vraiment quittée, et qu’il était temps de lui donner une chance de revenir au jour pour accomplir son destin : sauver le monde.
Dans ma précédente création, L’HORIZON DES ÉVÉNEMENTS (conférence déréglée sur le cosmos avec un musicien et un astrophysicien, chercheur au CNRS), j’évoquais déjà la fragilité de notre planète à l’échelle infinie de l’univers. Nous invitions les spectateurs à se repenser dans cette abyssale cosmogonie, mais la question environnementale et l’urgence de mieux habiter la Terre n’étaient qu’effleurées.
À présent, revenue de ce vertige sidéral, je désire partager aussi avec les plus jeunes la conscience qu’il faut agir concrètement, dès aujourd’hui, au risque du tâtonnement et du bricolage. Chacune et chacun, à sa hauteur, peut réinventer des façons de vivre en harmonie avec une planète aux ressources limitées. De nouveau la science s’invite en scène, sur le terrain écologique cette fois.
Au prisme du jeu et de l’humour, j’invite les spectateurs à réfléchir sur ces petits gestes du quotidien, ces gouttes d’eau qui paraissent dérisoires mais dont la multiplication pourrait faire la différence d’ici quelques années.
Olive n’a pas fait d’études, mais sa bonne volonté paraît sans borne. Comment les prédictions de dérèglement climatique et d’effondrement de la biodiversité résonnent-elles dans sa tête ? Comment interprète-t-il les injonctions à “privilégier les circuits courts” et « réduire son bilan carbone », ou encore les expressions “zéro déchet”, “tri sélectif”, “énergie propre” et “seconde main”?
En se saisissant maladroitement de ces notions ou en les prenant au pied de la lettre, il nous pousse à nous interroger, de manière ludique, sur le caractère à la fois nécessaire et insuffisant des tentatives de frugalité dans un monde de surconsommation à outrance. Il nous renvoie ainsi à nos propres incertitudes sur ces efforts du quotidien : est-ce qu’ils feront la différence si les décideurs ne s’y mettent pas aussi ?
Olive Lebrave invite aussi les jeunes spectateurs à réfléchir à ce que pourrait être le monde de demain, et au rôle – pas si secondaire – qu’ils pourront y jouer pour préserver l’environnement sans céder à l’abattement ni à la fuite en avant. »
Maryse Meiche – octobre 2024